Celle qui nous a fait nous rencontrer – Partie 6 (fin)

[Il s’était endormit sur le comptoir. Il soupira dépité. Au départ, il voulait juste faire une sieste de deux-trois heures.. Pas dormir plus de 13 heures.]

Bonne lecture !

Quelques jours passa. Il n’en pouvait plus. Il cauchemardait chaque nuit, et la journée il ne pensait qu’à ces derniers mots prononcés.

Il était de mauvaise humeur et des migraines le prenait n’importe quand.

Il se sentait mal.

C’était enfin le vendredi après-midi. Éléonore passa. En voyant son état déplorable, elle sourit tristement.

« – Bonjour, Vincent.

– Bonjour.

Elle partit voir les livres, en prit deux et paya. Elle s’installa près de lui.

– J’ai peur… Tu m’inquiète…

– Désolé.

Il était vraiment désolé d’inquiéter la petite.

– Et si tu me disais ce qui ne va pas ?

– Tout va bien.

Elle s’énerva. Vincent était vraiment buté.

– Mais parle bon sang ! Dis-moi ce qui te ronge ! Je ne veux pas te regarder te détruire silencieusement ! Parle !

Vincent sursauta. Il était surprit et touché par les cris de son amie.

– Merci..

Éléonore fut surprise. Il avait fallu qu’elle s’énerve..

– Je ne sais pas trop quoi dire…

– Dit tout ce qui te passe par la tête.

Elle l’encouragea.

– J’aime.. J’aimais ? Non, j’aime toujours un homme… Il s’appelle.. S’appelait Alexander. Il avait l’apparence d’un ange. Tu sais ? Yeux bleus, cheveux blonds. Un bel ange. Je suis tombé amoureux au premier regard. Cet ange te ressemble.. Beaucoup. Lui aussi, il avait des problèmes familiaux. Il souffrait. Beaucoup. Et il a finit par éclater… On était ensemble lorsque c’est arrivé..

Éléonore écoutait religieusement son histoire douloureuse ; fruit de sa souffrance continue.

– Il était hystérique. Il m’inquiétait. Il me faisait peur. Et je n’ai rien fait… Je n’ai rien fait !

Il éclata en sanglots. L’enfant le prit aussitôt dans ses bras.

– Merde… Si j’avais fais quelque chose.. Mais non ! Faible, minable… J’ai étais incapable de le sauver… ! Il n’a pas arrêté de dire des choses bien sur moi.. Il m’a même remercié.. Il a dit qu’il m’attendrai… Puis il.. Il a.. Il m’a dit qu’il m’aimait ! Moi, qu’il m’aimait moi ! Alors que j’ai rien fais ! Et il a sauté… On se trouvait sur le toit et il a putain… Il a sauté ! Comme ça ! Il a dit qu’il m’aimait et a sauté ! Et je n’ai rien fais ! Je m’en souviens ! Tellement ! C’est comme au ralentis ! Son corps tombe, petit à petit, et bam ! Il s’écrase sur le sol ! Et bam ! Et moi, je n’ai rien fais… !

Il pétait un câble. Ces cris et ces pleures se répercutaient dans toute la pièce. Seule la boutique et l’enfant furent témoins du désarroi de cet homme brisé par le suicide de celui qu’il aimait.

Éléonore pleura. C’était de sa faute s’il était dans cet état. Elle le prit et le serra dans ses petits bras de tout ces forces.

– Pardon Vincent, pardon…

– Je l’ai perdu… Lui et son beau sourire… Lui et moi dans cette boutique… Des souvenirs à jamais… »

Une trentaine de minutes plus tard, les parents d’Éléonore vinrent la chercher. Surpris de la voir les yeux rougis, ils l’interrogèrent. Elle les rassura en leur disant que ce n’était qu’à cause d’un film dramatique et émotive comme elle l’était, elle n’avait pas pu contenir ces larmes.

Après le départ de la fillette, Vincent tourna en rond dans la boutique pensant aux larmes qu’il avait versé dans les bras de cette enfant.

Il sortit d’un tiroir un paquet de cigarettes et en prit une. Il s’allongea sur le comptoir. Il alluma la cigarette et la fuma durant plusieurs minutes. Étrangement , il se sentait comme apaisé. Comme si, en parler l’avait d’une façon ou d’une autre soulagé. Il laissa tomber la cigarette sur le sol. Ces yeux se fermèrent lentement. Il dormit une quarantaine de minutes. Sommeil sans cauchemar. Il se réveilla en sentant une grande chaleur près de lui. Lorsqu’il ouvrit les yeux, son regard se peigna de l’horreur de la situation. La boutique était en flammes. Elle brûlait de mille lumières. Il cria. La boutique ne pouvait pas brûler ! C’était tout ce qui restait de LUI ! Vincent essaya d’éteindre les flammes mais ces efforts furent vains.

Le lieu où il l’avait rencontré, où ils s’étaient embrassés, où ils avaient fais l’amour, devenait cendres sous son regard impuissant. Alors il comprit. Il étais temps, tout simplement.

Alexander avait suffisamment attendu.

La fumée pénétrait ses poumons. Le corps courbé, il toussait. Ces yeux le brûlaient, et sa gorge le piquait. Il s’écroula. C’était douloureux mais il était heureux. Mourir dans cet endroit que son ange chérissait, ne pouvait qu’être une belle mort.

Avant de fermer complètement et à jamais les yeux, se moquant du fait que c’était certainement une illusion ; un visage encadré par une chevelure blanche apparue. Son ange le sourire aux lèvres et le regard pétillant :

« – Tu es prêts ? Together forever, my love~ »

Vincent sourit, délivré de ce monde sans l’être aimé.

Le lendemain, Éléonore apprit la nouvelle.

12 ans plus tard.

L’écriteau « Boutique de souvenirs : celle qui nous a fait nous rencontrer », ornait la porte en bois. La clochette accrochée à la porte retentit. Éléonore accueillie son nouveau client le sourire aux lèvres. Une longue robe noire, les cheveux attachés en longues tresses, et le maquillage discret, elle était magnifique. Une beauté a couper le souffle.

Trois êtres, une boutique, un nouveau départ, une nouvelle vie.

« – Bienvenu ! »

                                                                                              FIN

C’est la fin de cette fiction; j’espère que vous avez aimé, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

J’écrirai certainement des bonus. 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*